Traitement
 

 

Il me semble bien l'avoir dit précédemment, (mais ça ne fait pas de mal de radoter de temps en temps...), le développement des plaques holographiques est tout à fait similaire à celui d'un tirage photo en noir et blanc. C'est vrai qu'à l'heure du numérique, les "originaux" qui développent encore eux-mêmes leurs photos se font de plus en plus rares, mais si comme moi vous êtes (ou avez été) l'un d'eux, vous n'aurez aucun problème aujourd'hui. Pour les autres, ce n'est pas bien compliqué, et je vais essayer de détailler au maximum les opérations.

 

Nous supposerons que le révélateur et le bain de blanchiment ont été préparés avec de l'eau déminéralisée selon les indications du fournisseur (kit JD-2 de Photographers Formulary) dans les flacons correspondants : le révélateur en deux parties dans A et B, et le bain de blanchiment dans C - on supposera également que les produits soient à la température ambiante, soit environ 20°C.

- on peut commencer par remplir complètement les cuvettes de lavage avec de l'eau ordinaire, que l'on renouvellera fréquemment - il est tout de même préférable de laver à l'eau courante, si l'on est près d'un point d'eau, en mettant la cuvette sous le robinet et en évitant le jet direct sur la plaque.

- on verse ensuite le bain de blanchiment C dans la cuvette rouge.

- enfin, le révélateur, contrairement au bain de blanchiment, est utilisé "à bain perdu", c 'est-à-dire qu'on le jettera après le développement de chaque plaque. Pour développer une plaque de 6 cm x 6 cm, une quantité de 50 cm3 est suffisante. On mélange dans le gobelet gradué (g) 25 cm3 du produit A avec 25 cm3 de produit B, on remue 30 sec avec un agitateur, et l'on verse les 50 cm3 obtenus dans la cuvette verte - la cuvette doit être assez petite pour qu'avec 50 cm3 la plaque soit bien recouverte par le liquide - certaines cuvettes rainurées ne conviennent pas car elle surélèvent la plaque - une solution : utiliser une assiette en Arcopal à fond plat, ça ne fait pas très pro, mais c'est efficace...;o)

Voilà, tout est prêt - Sous éclairage inactinique (bien entendu), on peut à présent débuter le traitement de la plaque en prenant soin d'orienter le côté gélatine vers le haut.

1 - sans avoir oublié d'enfiler un gant en vinyle, on plonge la plaque dans le révélateur, en la tenant par la tranche, et on commence à l’agiter d'un mouvement continu, c'est très important pour avoir un résultat homogène. Au bout d’environ une minute, elle commence à s’assombrir. En deux minutes, elle doit être presque noire, et si tout s'est bien passé, la trace des aimants reste parfaitement transparente. Au bout de cinq à sept minutes la densité permettra juste de discerner, au travers de la plaque, la source d'éclairage inactinique.

après le passage dans le révélateur, la plaque doit ressembler à-peu-près à ça - les deux plages transparentes laissées par les aimants indiquent que la plaque n'était pas voilée avant l'exposition, et ne l'a pas été pendant le développement - elles seront par la suite pratiquement invisibles et ne gêneront pas l'observation de l'hologramme

2 - on la lave deux minutes, en agitant.

3 - on plonge ensuite la plaque dans le bain de blanchiment, et on continue à agiter pendant 3 minutes. Après cette opération, la plaque doit être à nouveau entièrement transparente.

4 - on lave encore trois minutes, en agitant toujours, et l'on finit le lavage avec une goutte d’un agent mouillant (type liquide vaisselle) - on peut maintenant rallumer l'éclairage ordinaire !

5 - pour le séchage, si l'on est sûr de savoir où se situe la face sans gélatine, on peut l’essuyer avec du sopalin. Sinon on ne fait rien ! Surtout ne pas toucher le côté gélatine qui mouillé est particulièrement vulnérable. Ne pas oublier qu'a l'intérieur sont inscrites, sous forme de micro-déformations, les informations qui vont permettre de reconstituer les fronts d'onde représentant l'objet holographié.

On pose ensuite la plaque sur le bord du lavabo, presque verticale en appui contre le mur, et on attend 10 à 15 minutes qu’elle sèche (il est déconseillé d'accélérer le séchage en utilisant un sèche-cheveux, ou autre appareil...)

Tant que la gélatine n’est pas complètement sèche, on ne verra rien et on ne saura pas si c'est réussi !

Une petite variante consiste à assister à l'apparition de l'image en tenant la plaque (toujours par la tranche) sous un spot ou une lampe halogène. Ça marche très bien aussi avec un projecteur de diapositive, en tenant la plaque devant l'objectif. On retrouve "l'émotion" de son premier développement, lorsque pour la première fois on a vu apparaître un tirage grisâtre dans le fond d'une cuvette... ;o)

6 - afin de protéger l’émulsion lorsqu'elle est sèche, on peut la peindre avec une bombe de peinture (noir mat), ce qui aura pour autre avantage d’améliorer le contraste. Cependant, c'est aussi la phase la plus délicate. Du choix de la peinture dépendra en grande partie le rendu final et la couleur de l'hologramme. Certaines lui donnent une dominante verte, et d'autres à base Acrylique le détruisent irrémédiablement. Pour l'instant j'utilise une bombe de peinture pour carrosserie de la marque SINTO qui donne de bons résultats et sèche très vite.

7 - pour terminer, et bien que ça ne fasse pas partie du traitement, deux mots sur la façon de visualiser votre hologramme :
- pour visualiser un hologramme, il faut l’éclairer avec une direction proche de celle utilisée pour l’exposition
- la lumière directe du soleil convient, celle d’une lampe halogène aussi, de même qu'une lampe de poche, en fait toutes sources lumineuses ponctuelles
- comme je l'ai signalé plus haut, j'obtiens de bons résultats avec un projecteur de diapos, en plaçant la plaque devant l'objectif (et non pas dans le panier... ;o)