La table isolante
 

 

Au risque de passer pour un vieux radoteur, je vous rappelle que l'une des conditions sine qua non, pour réussir un hologramme de ce type, est d'assurer la stabilité relative du sujet par rapport à la plaque photosensible.

Pour des expositions de plusieurs secondes, le moyen le plus simple consiste à installer le dispositif sur une table l'isolant du sol. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas bien compliqué, et il y a probablement des milliers de façons de concevoir ce genre de dispositif. Les quelques tables que j’ai pu bricoler ont toutes fonctionné correctement dans un "environnement vibratoire normal".

Mais, au fait, qu'est-ce qu'un "environnement vibratoire normal" ? C'est difficile à définir, mais ce qu'il y a de certain, c'est que, où que l'on soit, des perturbations plus ou moins fortes nous arrivent en permanence, transmises par le sol ou par l'air, vecteurs les plus courants. On peut aussi imaginer des sources de vibrations d'origine électromagnétique ou électrostatique, et même gravitationnelle, mais là c'est moins sérieux, quoique...;o), voyez au paragraphe suivant.

Bien que n’étant pas très loin du centre ville, j’ai la chance d’habiter au fond d’une impasse, ce qui m’éloigne un peu de la rue la plus proche et des trépidations provoquées par les véhicules. Par contre, une ligne SNCF assez fréquentée située à environ 200 m génère, à chaque passage d'un train, de petites vibrations décelables très nettement à l'aide d'un interféromètre de Michelson, même s'il est installé sur la table à suspension pneumatique décrite un peu plus loin ! (c'est un interféromètre de ce type, c'est vrai quelque peu amélioré... ;o), qui devrait bientôt détecter les premières ondes gravitationnelles en Italie : projet Virgo à Pise).

Il est certain que si vous avez le privilège d’habiter à la campagne, vous mettrez un peu plus de chances de votre coté. Mais ne vous inquiétez pas, en ville, on peut y arriver facilement, la preuve ! (évitez tout de même de pratiquer l’holographie les jours de tremblement de terre, consultez la météo...)

 

Quelques exemples de tables isolantes :

- l'holographie de retransmission nécessite une table de grandes dimensions afin de pouvoir y disposer les différents éléments, miroirs, lentilles, etc. Une méthode classique consiste à emprunter la plaque de marbre d’une vieille table ronde et à la poser par terre sur une chambre à air modérément gonflée (ci-contre). Grâce à sa masse d’une cinquantaine de kg, et à l’élasticité de l’air, on arrive à une isolation satisfaisante, à condition de préférer les sols en ciment aux planchers trop élastiques.

- l'holographie de réflexion au contraire peut se contenter d'un équipement minimum. En effet, dans cette configuration, comme je le disais plus haut, il faut seulement assurer la stabilité relative de l'objet par rapport à la plaque photosensible ; la source de lumière cohérente n'a apparemment pas besoin d'être isolée.

On arrive donc à ce dispositif ultra simple constitué d’une plaque en acier de 25 cm x 25 cm x 1 cm d'épaisseur posée, soit sur quatre pieds en caoutchouc au silicone (SICOVOSS RF-1) en forme de portion de sphère (environ 5 cm de diamètre pour 2 cm de hauteur), soit sur une ou deux plaques de mousse. La mousse doit être assez souple pour assurer une certaine élasticité, mais assez ferme tout de même pour ne pas s’écraser sous le poids de la plaque !

Coût zéro Euro si le chaudronnier est sympa, mais il n’est pas interdit de lui glisser la pièce (et l’un de vos premiers hologrammes, ça lui fera plaisir...)