Principe (+)

 

Tout d'abord, de nombreux ouvrages ont été publiés depuis quelques années sur ce sujet, et je ne peux que vous inciter à vous y reporter.

Parmi ceux-ci, un excellent livre de vulgarisation qui est, semble-t-il, tombé dans le domaine public, puisqu'on peut le consulter intégralement dans sa version anglaise sur Internet. Il s'agit de “Practical Holography“ par Christopher Outwater & Van Hamersveld.

Plus récent, et toujours en anglais, l'incontournable “Shoebox Holography“ de Frank DeFreitas que l'on peut commander sur le site d' Amazon.com.

Les sites du Musée de l'holographie et d'Holoworld contiennent eux aussi une bibliographie intéressante sur le sujet.

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Bandes noires : un exemple de ce qu'il ne faut pas faire...
pour l'un de mes premiers essais, la médaille était simplement posée sur une table isolante en ciment et la plaque photosensible maintenue par deux pinces métalliques - on peut penser que ces deux bandes noires ont été causées par un déplacement relatif d'environ 1 µm au cours de l'exposition - (à vérifier)

... ou éventuellement de ce qu'il faut faire !
en effet, j'ai ainsi involontairement réalisé, ce jour là, une manip d'interférométrie identique à celles pratiquées dans l'industrie pour visualiser, et mesurer, les déformations d'un objet

Maintenant, si vous êtes pressé de commencer, prenez tout de même le temps de lire les deux ou trois notions de bases qui suivent, ça vous fera gagner du temps car il est assez difficile de tricher avec les phénomènes physiques...

- alors, un hologramme, comment ça marche ? ... ;o)

hé bien !, un hologramme, de retransmission ou de réflexion, c'est l’enregistrement, dans l'épaisseur d'une couche photosensible à grain très fin, du motif d'interférence créé par un faisceau lumineux de référence et la lumière réfléchie par l'objet dont on veut enregistrer l'image en relief. Ces deux sources lumineuses ont autant d'importance l'une que l'autre, et le rapport d'intensité doit être compris entre 2/1 et 5/1 pour obtenir de bons résultats.

- en pratique, seule une source de lumière cohérente permet de réaliser cela, et c'est justement ce que produit un pointeur laser. Je vous rappelle qu'une lumière cohérente a comme propriétés une longueur d'onde uniforme et des ondes en phase.

- sauf dans le cas de l'utilisation d'un très coûteux laser à rubis (produisant une impulsion lumineuse de forte puissance et de durée très courte), l'enregistrement du motif d'interférence sera le résultat de l'accumulation, pendant plusieurs secondes, de l'action des photons sur les particules d'halogénure d'argent de la plaque photosensible. Le motif d'interférence doit être absolument stable pendant toute la durée d'exposition, ce qui implique que les différents éléments soient eux-mêmes strictement immobiles. Certains manuels avancent la nécessité d'une stabilité relative de l'ordre du dixième de la longueur d'onde du laser utilisé (650 nm), soit 0,065 µm ! Un déplacement relatif supérieur à cette valeur créera un motif différent qui, en se superposant au précédent, donnera soit une image fantôme, soient des bandes noires, soit pas d’image du tout. Conséquence : il est indispensable d'isoler la plaque et l'objet des vibrations provenant du sol par une table isolante.

- mais ce n'est pas suffisant : la plaque photosensible, et dans une certaine mesure l'objet à holographier, vont se comporter comme le tympan de votre oreille et vibrer au moindre son. Il faudra donc également se prémunir des vibrations sonores, (et des mouvements d'air), en arrêtant la radio, la hi-fi, le réfrigérateur, le chauffage, la climatisation, etc...

- il y a enfin les phénomènes de dilatation thermique qui ont également une grande importance, et nous verrons plus loin comment s'en prémunir...

Si l'on tient compte de ces quelques contraintes, ce n'est pas très difficile de réussir son premier hologramme. Ceux d'entre vous qui ont déjà réalisé des tirages photos ont sûrement débuté un jour en disposant une feuille morte sur du papier au chloro-bromure et l'ont exposé à la lumière. La procédure est (presque) la même, sauf que l’objet à reproduire peut être disposé soit entre la source lumineuse et la surface sensible,... soit de l'autre côté (!). Ceci mis à part, on se retrouve tout de suite en pays de connaissance : utilisation de films ou plaques photosensibles monochromes, manipulations sous éclairage inactinique, développement en cuvettes, etc...